03 décembre, 2008
La sociabilité humaine
Qu’est ce qu’un conflit social en ce sens ? Est-ce seulement le produit d’entités telle que des « forces » sociales totalement extérieures à l’individu ?Non, c’est le résultat de l’antagonisme que l’homme porte déjà en lui. D’un côté l’homme lutte pour préserver ses intérêts propres, et il est prêt pour cela à en découdre avec tous les autres et avec l’Etat. D’un autre côté, une force inverse est aussi présente en lui, qui vise au maintient, à la préservation de l’intérêt de tous. Cette contradiction, qui a son siège en l’homme, se reflète à l’intérieur des rivalités, de l'émulation des classes sociales en y trouvant des justifications. Un groupe de pression peut donc lutter contre l’Etat, ainsi que contre un autre groupe de pression, tandis que l’Etat revendique la nécessité du respect de l’intérêt général. L’homme fait alterner en lui la force de répulsion et la force d’attraction et c’est justement ce qui fait le caractère changeant du mouvement de l’Histoire.
Nous retrouvons ces idées justement chez un penseur de l’évolution, S. Aurobindo, dans L’Idéal de l’unité humaine : « Quand la Nature doit concilier deux éléments dans une harmonie, sa méthode constante est de commencer par un mouvement de bascule, lent et continu, où elle semble parfois pencher entièrement d’un côté, parfois entièrement de l’autre ». L’harmonie dans l’Histoire ne peut pas avoir un caractère statique, comme cela pourrait être le cas dans une œuvre picturale. Elle est une harmonisation de forces : « le progrès vers l’harmonie se fait par un conflit de forces et semble souvent ne pas être du tout un effort vers la concorde et l’ajustement mutuel, mais au contraire un effort pour se dévorer mutuellement ». D’où l’éternelle rivalité qui oppose l’individualisme et le collectivisme. Sous ce nom en fait, sous le couvert de l’idéologie, il y a des forces et des tendances qui sont logées dans la nature même de l’homme, à travers l’antagonisme qu’il porte en lui. D’où les utopies sociales qui de tout temps ont cherché des réconciliations « pour arriver à une libre solitude ou une libre association». De même qu’il est au fond très humain de rechercher son avantage propre, il est humain de vouloir réaliser un idéal plus élevé qui réconcilie l’homme et la société. Seulement, pour que l’idéal descende sur terre, il faudrait que le cœur de l’homme change, que sa conscience s’élargisse. Sans cela, toutes les tentatives des utopies sociales se terminent par l’échec, si ce n’est le bain de sang, le fondement psychologique de l’harmonie n’ayant pas été réalisé.
Les types sociaux qu’il nous présente sont rigides, immobiles dans le temps. La société animale est dominée par des rapports de force et elle est le plus souvent une construction totalitaire. La société humaine est sortie de la nature, elle est élevée sur un fondement qui est plus spirituel que naturel. Elle vise à remplacer le rapport de force par un rapport de droit. Pourtant, les analyses d’Aristote soulignent que la Cité reste soumise à la Nature, elle ne peut pas être édifiée de façon durable contre nature. Est-ce à dire qu'il y a dans cette entité moderne, la "société" quelque chose de purement artificiel ? L'"Etat", la "société", la "nation" ont ils une quelconque réalité? Ne sont-ils pas purement des êtres de raison?
leçon 49
http://sergecar.club.fr/cours/societe1.htm
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